Esprit Bohème

Le tapis Berbère, entre tradition et modernité

Fleuron de l’artisanat marocain, le tapis berbère est un objet d’art indissociable de la culture et de la décoration marocaine. Traditionnellement fait à la main, sa fabrication est issue d’un savoir-faire artisanal ancestral transmis de génération en génération.

Chaleureux, confortable et très graphique avec son panaché de figures géométriques, il habille tous les types d’intérieurs grâce à sa palette de couleurs et ses styles variés.

Ses origines remontent à des temps immémoriaux. Les motifs ornant les tapis présentent des similitudes avec ceux employés dans l’art primitif des premiers hommes au Néolithique. C’est l’un des derniers vestiges hérités de nos ancêtres les plus lointains , une tradition vieille de plusieurs millénaires qui a su perdurer à travers les âges.

Le terme arabe « Zarabia » (tapis), signifie « parterre fleuri » ou «  ce qui est tendu au sol et sur lequel on prend appui ». Le tapis dit « berbère », ou tapis « des tribus » s’est épanoui au sein des communautés nomades rurales vivant principalement d’élevage et d’agriculture dans le Sud marocain, le Moyen et Haut Atlas où les tribus berbères sont le plus représentées. Depuis le 13ème siècle, époque des plus anciens ouvrages conservés actuellement, la production de tapis a connu un essor formidable. Il est au centre de la vie économique et quotidienne d’une tribu. C’est un objet quotidien précieux aux multiples usages : matelas, couverture, sac de grains, décoration… Sa vente permet de subvenir aux besoins de toute une famille, et il figure encore aujourd’hui dans le trousseau de la jeune mariée. Son caractère sacré, sa fabrication longue, et sa finesse en fait aussi un présent de luxe : très prisé en Europe dès le moyen-âge, il tenait une place de choix parmi les nombreux objets précieux offerts aux ambassadeurs ou aux princes comme gage d’alliance politique ou familiale. Au 19ème siècle, le tapis marocain est l’un des produits les plus exportés vers l’Europe et cet engouement n’a pas pris une ride puisqu’ aujourd’hui encore il est plébiscité pour son esthétisme et son exotisme.

La confection d’un tapis est un savoir-faire artisanal dévolu aux femmes qui se transmet de mère en fille selon la coutume. De la tonte au tissage en passant par la teinture, sa fabrication suit un rituel bien précis à caractère religieux. Dans certains régions du Maroc, la laine est considérée comme un don du ciel protégeant contre les forces du mal selon certaines croyances locales. La laine est donc un matériau sacré qui doit être travaillé avec soin et dans le plus grand respect. 

Chaque étape de la préparation est soumise à un processus lent et minutieux accompagné de prières de bénédiction et d’ablutions. La laine doit être fumigée pour être parfaitement pure avant de recevoir la teinture, réalisée avec des pigments naturels selon les recettes traditionnelles, et qui doit avoir reposé une nuit entière à la belle étoile pour chasser les mauvais sorts. 

Le fil ainsi préparé, la tisseuse monte le métier à tisser : deux piquets sont disposés parallèlement au son d’une prière. On casse ensuite quelques morceaux de sucre entre les deux piquets avant de prononcer cette phrase de bénédiction : « Nous voulons monter le métier, chaque métier voyant le jour doit être achevé » comme une promesse faite à Dieu.

Une fois le fil de chaîne monté sur le métier à tisser, plusieurs techniques sont employées pour confectionner un tapis : le point noué, le tissage et la broderie. Les ouvrages peuvent être entièrement noués, ou alors contenir les trois techniques à la fois en fonction de la tribu et du type de tapis. La broderie, le point le plus précis, permet surtout de créer des motifs.

Éléments essentiels du tapis berbère, les formes géométriques assemblées en mosaïques ne sont pas le fruit du hasard : elles forment un langage abstrait à la signification bien particulière. Bien plus qu’un simple objet, chaque tapis relate une histoire, celle que la tisseuse choisit d’exprimer à travers sa créativité : sa culture, sa famille, les étapes de sa vie de femme, son environnement… Leur interprétation tourne essentiellement autour de la symbolique du corps et de la nature. Parmi le riche répertoire de motifs, les losanges, lignes brisées, damiers, chevrons, croix, croisillons, peignes… apparaissent le plus souvent. A titre d’exemple, la croix rappellera le corps d’une femme ou l’accouplement, le losange la fécondité ou l’œil qui protège des mauvais sorts s’il est représenté seul, les chevrons refléteront un cours d’eau, les triangles dont les pointes se touchent des papillons, des parterres de fleurs ou des étoiles. La théière, souvent placée au centre de l’ouvrage fera référence à l’accueil et la convivialité.

Nombreuses sont les communautés qui foulent le sol marocain, avec chacune sa propre histoire et sa propre culture. Elles ont donné naissance à une riche variété de styles de tapis, aux structures plus ou moins complexes, dont les représentations graphiques évoluent d’une tribu à l’autre. Parmi les plus emblématiques on retiendra :

Le tapis Beni Ouarain, fabriqué par la tribu éponyme installée dans les montagnes du Moyen Atlas, entre la ville impériale de Fes et la ville de Taza, est une pièce bicolore grand format sur fond blanc très épuré, arborant des dessins bruns ou noirs minimalistes comme des chaînes de losanges, des chevrons ou des lignes…. Réputé pour son épaisseur et sont aspect duveteux, c’est un formidable isolant procurant un grand confort pour faire face aux rigueurs de l’hiver.

Le tapis Azilal, a vu le jour au cœur de la province d’Azilal Tadla dans la région Beni Mellal située à 330 kilomètre de Marrakech et abritant entre autres les tribus  Aït Soukhman, Abdi Ait Said. Plus coloré que le Beni Ouarain et très lumineux, ses schémas sont plus élaborés et diversifiés. Sur un fond crème, des couleurs vives sont disposées par touches en fonction de la saison à laquelle le tapis est noué.

Le tapis Kilim originaire des régions Zemmour et Boujaad du Moyen Atlas, est un tapis à poils ras. Contrairement à ses homologues, il est tissé et brodé au lieu d’être noué. Son répertoire de motifs et de nuances varie d’une culture à l’autre : couleurs chatoyantes ou sobres, décors complexes ou épurés les schémas sont travaillés et plus complexes.

Le tapis Taznakht, fabriqué dans le Haut Atlas est l’un des plus anciens tapis confectionnés au Maroc. Polychrome aux dégradés de safran, orange et rouge, parfois rehaussés de vert foncé, il affiche des figures géométriques très denses, agencées selon une architecture rigoureuse.

Le tapis Boucherouite « Père du Haillon » est un peu « l’enfant terrible » du tapis berbère. D’apparence moins soignée que les tapis Azilal ou Beni Ouarain, tout son intérêt réside dans son extravagance et son feu d’artifice de couleurs dans le pur style « art déco ». Comme son nom l’indique il est réalisé avec divers tissus recyclés provenant notamment de vieux vêtements assemblés pêle-mêle pour former un patchwork déstructuré et fantaisiste.

Indémodable, chic, intemporel et immuable, le tapis berbère est un objet d’art unique qui s’est imposé en quelques années comme un incontournable du mobilier contemporain et vintage. 

Chaque modèle est unique et apportera une touche de chaleur et de caractère à un espace en fonction de l’effet désiré : style minimaliste et épuré avec le Beni Ouarain, ambiance bohème avec le Kilim ou esprit « pop’art » et design avec le Boucherouite… Il donne vie à une pièce et s’harmonise avec n’importe quel intérieur, même le plus sophistiqué, grâce à ses jeux de textures et de couleurs. Les plus grand designers, tel que Paul Klee ou Le Corbusier, y ont puisé leur inspiration. Encore aujourd’hui, certains parcourent le Maroc à la recherche d’artisans talentueux et de perles rares. C’est notre cas et nous vous présentons nos tapis berbères sur ce e-shop !

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